Le message du Président du SyNESI aux employeurs d’Ateliers et Chantiers d’Insertion :

Chers Adhérents,

Chers Employeurs Spécifiques d’Insertion,

Nous venons de passer une période de confinement que nous ne pouvions imaginer, digne d’un scénario de film d’anticipation… Une situation exceptionnelle avec une activité partiellement ou totalement suspendue ; la quasi-totalité de la population assignée à résidence, le monde en léthargie pour le plus grand bonheur de notre environnement qui a su en profiter.

Depuis le mois de mai, une reprise, timide au regard du risque qui reste réel et entier, se dessine autour de nous. L’économie nationale (et internationale) est en danger, l’activité doit reprendre. L’équipe permanente et le bureau du SyNESI sont restés sur le pont pendant ces trois mois et ont pallié aux besoins des prérogatives du Syndicat avec une priorité pour l’accompagnement des employeurs. Je ne saurais jamais les remercier à la juste valeur de leur mobilisation pendant cette épreuve. Le problème est loin d’être aujourd’hui résolu, alors voilà pourquoi ces compétences restent en alerte, disposées et prêtes à répondre à vos attentes.

Si cette étape d’inactivité forcée a été éprouvante pour nous, nos familles, nos salariés, nos entreprises, la reprise n’en est pas moins astreignante et pénible. Les protocoles sanitaires, les contraintes administratives, le risque encore présent, et bien entendu, les informations contradictoires qui circulent, deviennent vite un casse-tête pour les employeurs ACI. La diversité et la spécificité de notre profession font de la gestion de nos structures un exercice complexe en temps ordinaire qui se voit encore plus compliqué dans la situation actuelle.

Les pouvoirs publics, face à la crise économique et sociale qui fait suite à la crise sanitaire, se trouvent face à une situation où il est bien difficile de déterminer des priorités tant le chantier est démesuré. La « générosité »prodiguée dans l’urgence du confinement coûte cher et l’heure est venue de penser au financement de ce coût… D’autant plus que de nouvelles dépenses seront à prévoir. Si notre branche demeure modeste au regard du reste de l’activité nationale, nous allons être confrontés à une crise sociale qui va impacter le problème de l’emploi où les dispositifs développés dans nos structures sont en première ligne.

Nous devons exiger de nos mandataires publics, Etat, Collectivités, Agences officielles, de ne pas nous oublier au risque de nous voir disparaître. Ils doivent également veiller à ce que les plus faibles d’entre nous, puissent rester opérationnels pour mener à bien notre mission d’intérêt général, et plus particulièrement dans cette période de reprise en demi-teinte. Rappelons que nous avons (seulement) obtenu des aides publiques de droit commun, contrairement à ceux qui nous considèrent comme des privilégiés, et qui croient que nous bénéficions de subventions de fonctionnement qui couvrent largement nos besoins. Mais vous le savez : ce n’est pas le cas. Ni les financements publics, ni notre activité (sauf cas particuliers et exceptionnels pour les activités qui ont pu poursuivre durant le confinement) ne nous permettent de pallier aux pertes des trois mois d’inactivité forcée.

Nous devons donc nous mobiliser, à l’instar des réseaux et complémentairement à leurs actions, pour faire entendre notre voix auprès des décideurs. Une fois de plus, il nous faudra exprimer notre mécontentement face à l’indifférence dont nous faisons régulièrement  l’objet. Cette indifférence, qui, par répercussion, impacte la frange la plus faible de la population active : nos salariés en insertion.

Espérons à ce titre que la toute récente création d’un ministère délégué à l’Insertion est un gage de reconnaissance et d’espoir en la matière.

Le SyNESI appelle tous les employeurs de la branche, adhérents ou non, pour porter haut et fort notre message, exprimer les besoins de la profession et alerter les pouvoirs publics du danger que pourrait représenter la situation sociale sans nos dispositifs.

Toute l’équipe du Syndicat, sous l’égide de notre Délégué général Christian Treyssede s’investit pleinement dans le traitement des problématiques actuelles, aussi bien auprès des pouvoirs publics, en collaboration avec les réseaux, qu’auprès de vous, employeurs, pour répondre dans la mesure de nos possibilités, à vos demandes et besoins.

Nous restons également mobilisés à la table du paritarisme afin de sensibiliser nos partenaires sociaux du danger qu’encourent nos structures, et par conséquent, nos salariés.

En ce mois de juillet, même si celui-ci est un peu atypique, je souhaite à ceux qui le peuvent de bonnes vacances et à ceux qui restent sur le bateau, autant de courage qu’ils en ont eu pendant toute cette traversée mouvementée.

Un bel été à vous !

Le Président

Vincent Molina